Quand | When

12.11.2017 | 20h00
13.11.2017 | 20h15
14.11.2017 | 18h00 & 20h30

| Where

la Cinémathèque québécoise
335, boul. De Maisonneuve Est, Montréal [QC]

Média | Media

HD
En présence du cinéaste.

Billets | Tickets

www.cinematheque.qc.ca

Avec | With

​Concordia’s Research Chair in Experimental Nonfiction

“In Wilkins’ films, considerations of language are never far from the question of technology, specifically the relationship between the internet and the imaginary.” – Dan Sullivan

Sorte d’anthropologue à l’ère numérique d’aujourd’hui, Wilkins utilise le cinéma pour déterrer les artefacts du monde contemporain. Depuis les lieux les plus étonnants, comme des contrats de franchise, des transcriptions d’assemblées de mairie, des pages FAQ, des PDF et divers débris et épaves de l’évolution technologique, Wilkins transmet les modalités et conditions de nos existences actuelles de manière aussi envoûtante que touchante.

JAMES N.KIENITZ WILKINS

En collaboration avec les RIDM, VISIONS présente l’œuvre de James N. Kienitz Wilkins. Sorte d’anthropologue à l’ère numérique d’aujourd’hui, Wilkins utilise le cinéma pour déterrer les artefacts du monde contemporain. Depuis les lieux les plus étonnants, comme des contrats de franchise, des transcriptions d’assemblées de mairie, des pages FAQ, des PDF et divers débris et épaves de l’évolution technologique, Wilkins transmet les modalités et conditions de nos existences actuelles de manière aussi envoûtante que touchante. Avec un goût non déguisé pour l’absurde, l’auteur a recours aussi bien aux interprétations étranges qu’aux archives inattendues pour jeter un regard créatif et très honnête sur ce que signifie prendre part au monde moderne – comme artiste, comme citoyen, comme cinéaste, comme spectateur. Évitant les tendances du moment, chacun des films de Wilkins est un réceptacle différent, adoptant son propre style et sa structure distincte pour former – et se laisser former par – des actes particuliers de découverte et de création. VISIONS est fier de présenter une programmation de nouvelles œuvres qui nous révèlent le monde des appareils, des plateformes et des vecteurs que nous tenons dans nos mains, mais à l’intérieur desquelles nous sommes finalement contenus. -[Traduction, RIDM]

VISIONS, in collaboration with RIDM, presents a series of works by James N. Kienitz Wilkins. Something of a modern-day, digital anthropologist, Wilkins uses cinema to unearth the artefacts of our contemporary world. From the strangest of places, such as franchise contracts, town hall transcripts, FAQ pages, PDFs and the various flotsam and jetsam of technological evolution, Wilkins channels the terms and conditions of our contemporary lives in beguiling and touching ways. With a healthy appreciation for the absurd, Wilkins variously employs uncanny performances and unexpected archival material to take a creative and very frank look at what it means to participate in the modern world – as an artist, as a citizen, as a filmmaker, as a film viewer. Eschewing contemporary trends, each of Wilkins’ films exhibits a different form, each a particular vessel styled and shaped by specific acts of discovery and creation. VISIONS presents a programme of new works that reveal to us the world of devices, platforms and vectors that we hold in our hands but also within which we find ourselves contained. – [Benjamin R. Taylor]

James N. Kienitz Wilkins (b. 1983) is a filmmaker and artist based in Brooklyn. His work has been selected for international film festivals and venues including the New York Film Festival, CPH:DOX, MoMA PS1, Toronto IFF, Locarno IFF, Rotterdam IFF, Migrating Forms, the Whitney Biennial, and beyond. In 2016, he was awarded the Kazuko Trust Award presented by the Film Society of Lincoln Center, and selected as one of “25 New Faces of Independent Film” by Filmmaker Magazine. He is a graduate of the Cooper Union School of Art in New York City.

COMMON CARRIER

12.11.2017 | la Cinémathèque québécoise | 20h00 | 78 min

2017 | HD | sound | colour | 78 min

« [Dans Common Carrier], le jeune artiste James N. Kietnitz Wilkins, dont le travail bouleverse constamment les formes narratives traditionnelles, mêle observation documentaire et séquences scénarisées avec une fluidité qui rend négligeable l’idée-même de frontière entre réalité et fiction. Il complexifie encore son approche en réalisant son film entièrement en images surimposées et en saturant sa bande audio de différents sons propres à la culture populaire contemporaine (d’émissions de radio aux tubes hip hop à Rihanna). Le résultat pourrait sembler hermétique; au contraire, son portrait de la scène artistique new yorkaise à laquelle il appartient, ou plutôt de la subjectivité de ces artistes fauchés et de leur mode de vie « en dehors du monde », fait preuve d’un sens de l’humour unique et d’un regard acéré sur les identités sociales américaines. » – [Charlotte Selb, 24images]

“A mix of artists struggle to perform their roles, at once connected and alienated by the plague of modern life.

At its simplest, Common Carrier is my attempt to interpret what it means to create (and be created and alive) in the year 2016. The movie tracks a small network of artists or those associated with artists, all linked by the common connection of me, the filmmaker. The movie weaves scripted performances by real people playing versions of themselves with intimate conversations about art making, labor, technology, and life. The layered images and sounds—inspired to an extent by my interest in visual techniques developed in early Modernist art—contrast with the technologies and unavoidable airwaves of the 21st century to become what I consider a fair use cinematic “mixtape”. It was my goal to reflect our multifaceted contemporary world where there is no one right way to look or listen: we are perpetually barraged by a sea of information, histories, and the promises of absolute connection, while remaining fundamentally alone.” – [James N. Kietnitz Wilkins]

PUBLIC HEARING

13.11.2017 | la Cinémathèque québécoise | 20h15 | 110 min

2012 | 16mm to digital | sound | b&w | 110 min

Public Hearing est une performance qui reconstitue, mot pour mot, une consultation publique dans un village rural américain à partir d’un document téléchargé en libre accès. Tourné entièrement en gros plans sur pellicule 16mm noir et blanc, on suit un groupe d’acteurs et de non-acteurs qui lisent entre les lignes, dans un débat ironique sur le changement d’un Wal-Mart existant en un Super Wal-Mart. Public Hearing propose une expérience formelle et satirique : une comédie didactique. Il s’agit d’un documentaire dans son sens le plus littéral.

Public Hearing is the verbatim re-performance of a rural American town meeting from a transcript downloaded as publicly available information. Shot entirely in cinematic close-up on black-and-white 16mm film, a cast of actors and non-actors read between the lines in an ironic debate over the replacement of an existing Wal-Mart with a super Wal-Mart.

THE ANDRE TRILOGY

14.11.2017 | la Cinémathèque québécoise | 18h00 | 61 min

2014 | DV-to-HD | sound |colour | 12 min

Special Features est un court métrage empruntant la forme familière de l’entrevue en face à face, jusqu’à ce qu’elle se transforme en quelque chose d’autre complètement. Le rôle de « l’interviewé » se révèle être une performance fabriquée au montage et, selon la connaissance que l’on a des scènes en coulisses, l’entrevue elle-même apparaît performée. Elle s’apparente à un document où des acteurs lisent un texte en temps réel à partir d’un télésouffleur, abordant des sujets personnels et délicats qui seraient normalement gardés sous silence.

Avec ses images reformatées à partir d’une cassette MiniDV désuète, Special Features pourrait se décrire comme du matériel bonus; ou l’artéfact d’une chose connue et familière enseveli dans l’oubli. Le film emprunte son titre directement au programme qui a permis sa création, Special Features 2014, une série de courts métrages commandés par Residency Unlimited, un organisme sans but lucratif du domaine des arts basé à Brooklyn, New York.

Special Features is a short movie assuming the familiar form of a sit-down interview, until it turns into something else. The role of the “interviewee” is revealed as an edited performance, and depending on one’s “behind-the-scenes” knowledge, a performed interview, or a document of actors performing text they are reading in real-time from a teleprompter, covering seemingly personal and uncomfortable topics normally left unsaid.

With an image blown up from out-of-date MiniDV videotape, ​Special Features might be described as extra material; an artifact of something familiar and known, yet ignored and buried. The movie takes its title directly from the program which engendered its creation, Special Features 2014, a short film commissioning initiative of Residency Unlimited, a not-for-profit arts organization based in Brooklyn, New York.

2015 | HD | sound | colour | 19 min

« André se révèle être non seulement un escroc brillant, mais aussi un gourou et un philosophe. Toutes les technologies récentes liées à la production d’images sont utilisées : les dernières caméras HD, GoPro, CCTV, Google Earth, Google Street View, iPhones… Humour noir et cliché sont au rendez-vous pour examiner les stéréotypes dans la société contemporaine ainsi que dans le monde du cinéma. » – [Ouest-France]

B-ROLL with Andre est à la fois un film autonome et la « suite » non-officielle de Special Features (2014) et de TESTER (2015). À un certain point d’un futur indéfini, son récit interne reprend une série de personnages qu’avaient introduits Special Features et qui étaient discutés plus avant dans TESTER, réagençant actualités, théories personnelles et technologie vidéo dans une alliance des plus profanes.

An anonymous and mediated testimonial about one man’s dangerous dream.

B-ROLL with Andre is equally a standalone movie and the unofficial “sequel” to ​Special Features (2014) and ​TESTER (2015). At some point in an unspecified future, the internal narrative picks up a thread of characters introduced in ​Special Features ​and discussed in TESTER​, remixing current events, personal theories and video technology in an unholy alliance.

2015 | BetaSP-to-HD | sound | colour| 30 min

Un détective privé se remémore un cas difficile, parallèlement à une cassette BetaSP qui défile sans coupure.

À son degré le plus simple, TESTER est une expérience de « found footage ». C’est un film sans monteur, qui présente le contenu intégral d’une cassette vidéo que j’ai trouvée dans un magnétoscope BetaSP acheté sur eBay.com. La cassette était identifiée par le mot « tester », gribouillé à sa surface, et il s’agissait effectivement d’une cassette utilisée pour tester l’appareil. En tant que tel, il est impossible de vérifier par qui, quand ou sur quelle période de temps ce matériel a été enregistré (puis rebobiné et réenregistré, encore et encore). L’intégrale des trente minutes que contient la cassette est préservée dans le film.

La narration off (interprétée par moi-même) et la musique originale composée par Eugene Wasserman cherchent à s’agencer avec ce contenu, tout en le redéfinissant. La narration est délibérément grossière, libidineuse et agressive, laissant deviner la figure d’un cinéaste égocentrique combinée à celle d’un détective de film noir, qui parle dans un vernaculaire bourré de clichés s’inspirant particulièrement du roman de Dashiell Hammett The Thin Man (dont l’adaptation cinématographique a été tournée dans la célèbre ville-studio de Culver City, en Californie, d’où proviendrait supposément la vidéocassette « tester », selon l’adresse de retour fournie par eBay).

TESTER est à la fois un film autonome et le « prologue » non-officiel de Special Features (2014) et de B-ROLL with Andre (2015). Le récit interne reprend (ou inaugure, dans un passé indéfini) une série de personnages que Special Features a introduits et dont l’existence s’achève avec B-ROLL with Andre.

A private eye type guy recounts a tricky case, set against the unedited duration of a found BetaSP tape.

At its simplest, ​TESTER is found-footage experiment. It is an “editor-less” film which presents the uncut contents of a videotape I discovered in a BetaSP VCR purchased off eBay.com. The tape had the word “tester” scrawled on its surface, and was indeed a tape used to test machinery. As such, it’s impossible to verify by whom, when, and over what duration the material was recorded (and rewound and re-recorded, again and again). The complete footage of the thirty minute tape is preserved within the movie.

The voice-over (performed by me) and original music by Eugene Wasserman seek to precisely match yet redefine the footage. The voice-over is admittedly boorish, grabby, and aggressive, suggesting an ego-centric filmmaker mixed with a film noir detective speaking a vernacular of cliches particularly inspired by Dashiell Hammett’s novel, ​The Thin Man (the movie adaptation of which was filmed in the famous California studio town, Culver City, where the “tester” videotape is presumed to have originated, according to the eBay return shipping address).

TESTER is both a standalone movie and the unofficial “prequel” to ​Special Features (2014), and ​B-ROLL with Andre (2015). The internal narrative picks up (or begins in an unspecified past), a thread of characters introduced in ​Special Features ​and finalized in ​B-ROLL with Andre​.

TERMS AND CONDITIONS

14.11.2017 | la Cinémathèque québécoise | 20h30 | 61 min

2016 | digital | sound | colour | 23 min

« I have never been to Berlin ». “À la manière d’un grand roman ou d’une narration de film noir, ainsi commence l’intrigant Indefinite Pitch. Exploration aussi dense que ludique de toutes les significations possibles du mot « pitch », le nouveau court métrage de James N. Kienitz Wilkins superpose à des photographies austères en noir et blanc prises dans les alentours d’une ville industrielle un monologue brillant qui met constamment en abîme sa propre existence à travers des associations d’idées fulgurantes. Du destin de la ville de Berlin au New Hampshire au monde du cinéma à l’ère d’Amazon, en passant par une série télévisée des années 1920 disparue, l’industrie du papier, la violence urbaine, le racisme et l’idée même de mémoire filmique. Peut-être, finalement, ce pitch est-il à propos de nous…” – [Bruno Dequen, RIDM 2016]

​“I have never been to Berlin.” “Like a great novel or a film noir narration, this is the intriguing opening to Indefinite Pitch. A dense yet playful exploration of the many meanings of the word “pitch,” this new short film by James N. Kienitz Wilkins sets its brilliant monologue to stark black-and-white photographs shot in and around an industrial city. The narration constantly folds in on itself through dazzling associations of ideas. From the fate of the town of Berlin, New Hampshire, the film world in the Amazon age, and a vanished TV series from the 1920s, from the paper industry, urban violence and racism to the very idea of filmic memory. Maybe, in the end, this pitch is about us.” – [Bruno Dequen, RIDM 2016]

2017 | S16mm-to-2K | sound | colour | 38 min

Mediums est un moyen métrage filmé exclusivement en plans moyens, centré sur un groupe de personnes appelées à devenir jurés tandis qu’elles se rassemblent lors d’une pause et qu’elles anticipent leur participation au système judiciaire américain, en se donnant des trucs et des conseils pour réussir à passer à travers la journée.

Mediums s’inspire de la définition littérale du processus de sélection d’un jury appelé « voir-dire » (une façon de désigner le fait de dire la vérité). Les dialogues d’origine sont réinterprétés par un collage qui en reprend le texte mot pour mot, depuis différentes sources trouvées sur l’Internet et ailleurs dans le monde : un dépliant sur la sélection du jury, le guide d’utilisation d’une automobile, une charte syndicale, un contrat pour lancer sa propre succursale d’une chaîne de restauration rapide, la FAQ d’un contrat d’assurance maladie, des articles de blogue et plus encore. La plupart des personnages sont des composites conçus à partir de vraies personnes, l’exemple le plus frappant étant Trevor, un personnage apparu pour la première fois dans mon long métrage Public Hearing (2012). Trevor était un vrai participant lors de la consultation publique d’origine, dont les mots ont été interprétés par l’acteur Dave Bennett. Sept ans plus tard, Dave reprend aujourd’hui ce rôle en utilisant les poèmes et les articles de blogue du « vrai » Trevor, qui sont publiquement accessibles.

Tout comme Public Hearing, Mediums a été tourné entièrement en studio sur de la pellicule super 16mm (un format de production intermédiaire) et il peut être considéré comme la suite de celui-ci, évoluant depuis le gros plan et le noir et blanc jusqu’au plan moyen et la couleur.

Mediums is a medium-length movie filmed exclusively in medium shots about a group of potential jurors gathered on break who anticipate their involvement in the American legal system while channeling tips and advice to pass the day.

Mediums ​takes as inspiration the literal definition of the jury selection process known as ​voir dire (“to speak the truth”), by collaging original dialogue with verbatim text collected from the Internet and found in the world, including a jury selection pamphlet, automotive manual, union constitution, fast food franchise contract, health insurance FAQ, blog post, and more. Many of the characters are composites based on real people, with the most notable example being the character, Trevor, who first appeared in my feature film, ​Public Hearing (2012). Trevor was a real attendee of the original public hearing whose words were performed by actor Dave Bennett. Now, seven years later, Dave has reprised the role using “real” Trevor’s publicly searchable blog posts and poetry as dialogue.
Like Public Hearing​, ​Mediums was filmed entirely in a studio on super 16mm film (an intermediate production format), and might be considered the former’s sequel, graduating into medium shots in color from all close-ups in black and white. – [James N. Kietnitz Wilkins]

Translation to French © Mathieu Bédard / Emma Roufs