Quand | When

16.08.2017 | 20h00
17.08.2017 | 20h00

| Where

la lumière collective
7080, rue Alexandra, Montréal [QC]

Média | Media

16mm | HD
En présence du cinéaste.

Billets | Tickets

7$ à la porte

“Chris Kennedy is an undervalued filmmaker in the experimental world, in part because, unlike so many others who stake out a particular plot of ground and till it for all it’s worth, he is a bit of a conceptual vagabond.” – Michael Sicinski

Chris Kennedy (né en 1977 à Easton, Maryland) est un cinéaste indépendant, programmateur et écrivain basé à Toronto. Il a été programmateur pour le Images Festival de 2003 à 2006, ainsi que pour Pleasure Dome de 2000 à 2006.

CHRIS KENNEDY

Chris Kennedy (né en 1977 à Easton, Maryland) est un cinéaste indépendant, programmateur et écrivain basé à Toronto. Il a été programmateur pour le Images Festival de 2003 à 2006, ainsi que pour Pleasure Dome de 2000 à 2006. Il a co-fondé et co-programme Early Monthly Segments, agit à titre de programmateur pour The Free Screen proposé par la Cinémathèque du TIFF et assure le rôle de directeur exécutif pour l’organisation Liaison of Independent Filmmakers à Toronto. Ses courts-métrages expérimentaux ont été présentés dans plus d’une centaine de festivals de film à travers le monde, et ont fait l’objet d’expositions solo au Canadian Film Institute, Los Angeles Film Forum, Nam June Paik Art Center, La Plata Semana del Film Experimental et au Pacific Film Archive. Il a présenté des oeuvres réalisées par ses pairs en Belgique, Égypte, Allemagne, États-Unis et au Canada. Kennedy détient une maîtrise en beaux-arts du San Francisco Art Institue, où il y a co-fondé et animé une projection-rencontre hebdomadaire. En tant qu’artiste et programmateur, Kennedy explore la matérialité du médium filmique dans un contexte contemporain, tout en renvoyant à la conception historique du film comme art à part entière.

Chris Kennedy (b. 1977 Easton, Maryland) is an independent filmmaker, film programmer and writer based in Toronto. He programmed for the Images Festival from 2003-06 and Pleasure Dome from 2000-06. He co-founded and co-programs Early Monthly Segments and programs TIFF Cinematheque’s The Free Screen. He is the Executive Director of the Liaison of Independent Filmmakers of Toronto. His short experimental films have screened at over one hundred film festivals worldwide and have been featured in solo shows at the Canadian Film Institute, Los Angeles Film Forum, Nam June Paik Art Center, the La Plata Semana del Film Experimental and the Pacific Film Archive. He has presented the work of others in Belgium, Egypt, Germany, the US and Canada. He holds an MFA from the San Francisco Art Institute, where he was co-founder and host of a weekly film salon. His work as an artist and programmer operates in dialogue with the history of film as art, exploring the medium’s materiality in a contemporary context.

THE WORLD VIEWED

[Une sélection d’oeuvres réalisées par Chris Kennedy | A Selection of Works by Chris Kennedy]

16.08.2017 | 20h00 | 58 min

“Combinant une attention minutieuse au dispositif et un niveau élevé de rigueur formelle à une attention prévenante pour la réalité sociale et l’histoire, le film de Kennedy examine l’interpénétration propre à une certaine forme de phénoménologie – comment les choses du monde se révèlent à la conscience – en faisant appel aux possibilités qu’offrent le film (expositions multiples, développement à la main, found footage, jeu de cadrage).” – [Scott Birdwise, Canadian Film Institute]

“Chris Kennedy est un cinéaste sous-estimé dans le monde du cinéma expérimental, en partie parce qu’il est une sorte de vagabond conceptuel contrairement à beaucoup d’autres qui travaillent une chose jusqu’à son épuisement. Les films de Kennedy sont souvent bien différents sur le plan visuel, mais partagent certaines questions de base comme la relation entre la vision organisée et le chaos de monde sensoriel. La question étant : quelle incidence les schémas et motifs ont-ils sur ce que nous sommes en mesure de percevoir ?” – [Michael Sicinski]

“Often combining a careful concern with the apparatus and a high degree of formal rigour with thoughtful attention to social reality and history, Kennedy’s films examine the interpenetration of a kind of phenomenology – how the things of the world appear to consciousness – with the material possibilities of film (multiple exposures, hand processing, found footage, multi-frame presentations).” – [Scott Birdwise, Canadian Film Institute]


“Chris Kennedy is an undervalued filmmaker in the experimental world, in part because, unlike so many others who stake out a particular plot of ground and till it for all it’s worth, he is a bit of a conceptual vagabond. A lot of his films are quite different from one another in their surface effects, but at their core they share certain basic questions, in particular the relationship between organized vision and the chaos of the sensory world. That is, how do schemas and patterns determine what we are able to see?” – [Michael Sicinski]

2004 | 16mm | sound| colour | 3 min

Le 8mm se divise. Les tramways tournent en rond. Le ferry arrive et repart en un seul mouvement. Caméra et personnage dansent. – [Light Cone]

​8mm unsplit. Streetcars circle. The ferry leaves and returns in one gesture. Camera and character dance. Supported by 2003 Filmmakers Support Program LIFT.

2012 | 16mm | silent | colour | 8 min

​Des images tournées à Coba au Mexique, à l’oasis de Siwa en Egypte, ainsi qu’une pellicule trouvée en Californie sont les matériaux d’origine qui ont inspiré cette série d’esquisses sur la notion de point de fuite.
Un commande du LIFT pour leur anniversaire de 30 ans. – [Light Cone]

Footage shot in Coba, Mexico and the Siwa Oasis in Egypt and a found film from California serve as inspiration for a series of sketches on the notion of the vanishing point.

Commissioned for LIFT’s 30th Anniversary Celebration.

Chris Kennedy and Anna van der Meulen | 2006 | 16mm | sound | b&w |  6 min 30 sec

​Un regard singulier sur la mise en scène dans la photographie de presse, en utilisant le matériau des archives d’un quotidien de Toronto. Les codes moraux, la délinquance et l’autonomie sont tirés vers une cohérence altérée tandis que des photographies d’époque sont examinées près de leurs traces imprimées. Soutien financier du Conseil des arts de l’Ontario. -[Light Cone]

​An idiosyncratic look at staging in news photography, using materials from the archives of a Toronto daily. Moral codes, delinquency and autonomy are pulled into an altered coherence, as vintage photos are examined next to their type-written paper trail. Financial assistance provided by the Ontario Arts Council.

2008 | 16mm | silent | colour | 5 min 30 sec

Le motif rayé des abris bus de San Francisco devient un premier plan fixe derrière lequel défile la ville. Des oscillations spatiales offrent un jeu de forme en constante permutation, fond et espace, rendant en image la possibilité d’être en deux lieux à la fois. – [Light Cone]

​The striped pattern of the municipal bus shelters in San Francisco becomes a fixed foreground behind which the city passes. Spatial oscillations provide a constantly permutating play of figure, ground and space, imaging the possibility of being two places at once.

2017 | 16mm | silent | colour | 35 min

Immédiatement après l’attentat à la bombe pendant le marathon de Boston au mois d’avril 2013, des détectives amateurs se sont lancés sur internet pour une chasse aux coupables. Des utilisateurs de reddit, 4chan et d’autres espaces de rencontre en ligne ont analysé une foule de photos diffusées sur les sites afin de trouver tous détails qui révèleraient la culpabilité de potentiels suspects. À l’aide de textes et photos jpegs tirés de ces investigations, Watching the Detectives raconte le processus de culpabilisation propre à l’approvisionnement par la foule.

Immediately after the Boston Marathon bombing in April 2013, amateur detectives took to the Internet chat rooms to try and find the culprits. Users on reddit, 4chan and other gathering spots poured over photographs uploaded to the sites, looking for any detail that might point to the guilt of potential suspects. Using texts and jpegs culled from these investigations, Watching the Detectives narrates the process of crowd sourcing culpability.

DIALOGUES WITH KREN AND FAROCKI

[Oeuvres choisies par | Works programmed by Chris Kennedy]

17.08.2017 | 20h00 | 86 min

Ces deux films ne vieillissent pas, selon moi. Plus particulièrement,“Images of The World and the Inscription of War” de Harun Farocki qui semble tout à fait nouveau peu importe l’époque dans laquelle on le visionne – malgré la prolifération massive du numérique au cours de ces 30 dernières années suivant sa réalisation. Son argument central, soit qu’une image qu’on perçoit est définie par le contexte que l’on lui apporte, est illustré de manière émouvante par la photographie aérienne de camps de concentration allemands durant la deuxième Guerre Mondiale – des images qui, au départ, n’ont pas été identifiées comme tel parce qu’on ne pouvait pas se permettre de les voir ainsi. Kaja Silverman décrit de manière suggestive dans son livre “Threshold of the Visible World” ce que Farocki nous a appris, soit ce qu’est “l’écran culturel”. Au fil des ans, ce terme est devenu une métaphore productive pour mon travail. L’idée de voir au travers un écran se manifeste dans l’acte de filmer, alors que l’on transperce une membrane de lumière pour l’imprégner d’une image du monde et, par la suite, que l’on projette de la lumière sur cette même membrane afin de partager nos observations avec d’autres. Kurt Kren rend d’autant plus poétique cette action dans “31/75 Asyl”; une bobine de film exposée 21 fois, où une variété des masques forment un voile semitransparent couvrant ainsi le monde extérieur. – [Chris Kennedy]

These two films have felt evergreen to me whenever I return to them. Harun Farocki’s “Images of the World and the Inscription of War” especially, seems to resonate anew in whatever era we encounter it —despite preceding the digital age that has proliferated in the thirty years since it was made. Its central argument, that how we see an image is defined by the context we bring to it, is movingly illustrated by aerial photography of the German concentration camps of World War II—images that initially weren’t identified as such because they could not be seen that way. Kaja Silverman evocatively described what Farocki taught us as a “cultural screen” in her book “Threshold of the Visible World”. That term has been a productive metaphor for me while making my own work over the years. The idea of seeing through a screen is made manifest in the act of filmmaking,
when we draw light through a physical membrane to imprint the world upon it and then we project light back through that same membrane in order to share our observations with others. Kurt Kren’s “31/75 Asyl” takes this action to is poetic apex by imprinting a roll of film twenty-one times, using a series of masks that form a semitransparent veil over the world outside. – [Chris Kennedy]

Kurt Kren | 1975 | 16mm | silent | colour | 9 min

​«Un pré, un lac, la silhouette d’une colline, des arbres dans la Sarre. La même vue durant vingt et un jours. Durant vingt et un jours, cinq autre trous dans un masque posé devant la caméra, qui à la fin permettent d’embrasser le panorama dans sa totalité. Un paysage se transforme au rythme des saisons et commence doucement à décliner sous l’influence de l’éloignement technique. En résultent d’étonnants effets en trois dimensions, comme si l’écran devenait une sorte de caisse sur laquelle s’asseoir, dans laquelle des éléments d’une photographie en mouvement sont interchangeables. «Dans certains plans il pleut, dans d’autres le soleil brille, dans d’autres encore il y a de la neige.» – [Claus Philipp, Light Cone]

“A meadow, a lake, the silhouette of a hill, trees. 21 days of the same view in Saarland. 21 days with five different cut-outs in a mask before the camera, which finally reveals a complete panorama. A landscape changes with the advancing seasons and becomes slowly delirious in its technical alienation.” ​- [Claus Philipp, Sixpack]

Harun Farocki| 1988 | 16mm to digital | sound | b&w / colour | 77 min

Le point de fuite de Images of the World consiste en l’image conceptuelle de la “tâche aveugle” des évaluateurs des images aériennes de l’usine IG FARBEN saisie par les Américains en 1944. Des commentaires et notes sur les photos montrent que ce n’est que des décennies plus tard que la CIA a remarqué ce que ne voulait pas voir les Alliés : que le camp de concentration d’Auschwitz figure à côté de la cible industrielle à bombarder.
​À un certain moment donné pendant cette enquête menée ultérieurement, l’image d’une piscine à vagues expérimentale – déjà vue au début du film – apparaît à l’écran tel un éclair, faisant référence à un regard contraint : le regard et les pensées d’un individu sont soumis par les machines, la science et la force militaire qui dictent ce qui doit être investigué. Farocki met donc le doigt sur l’essence même de la violence médiatique, une “esthétique terroriste” (Paul Virilio) de la stimulation optique, qui aujourd’hui apparaît sur des tableaux de bord comme à la télévision avec son but avoué : mettre l’observateur dans une position de complice ou, à l’inverse, de victime comme en temps de guerre. ​- [Christa Blümlinger]

The vanishing point of Images of The World is the conceptual image of the ‘blind spot’ of the evaluators of aerial footage of the IG Farben industrial plant taken by the Americans in 1944. Commentaries and notes on the photographs show that it was only decades later that the CIA noticed what the Allies hadn’t wanted to see: that the Auschwitz concentration camp is depicted next to the industrial bombing target. At one point during this later investigation, the image of an experimental wave pool – already visible at the beginning of the film – flashes across the screen, recognizably referring to the biding of the gaze: for one’s gaze and thoughts are not free when machines, in league with science and the military, dictate what is to be investigated. Farocki thereby puts his finger on the essence of media violence, a “terrorist aesthetic” (Paul Virilio) of optic stimulation, which today appears on control panels as well as on television, with its admitted goal of making the observer into either an accomplice or a potential victim, as in times of war. – [Christa Blümlinger]

Translation to French © Emma Roufs